Place de la République

par igor deperraz  -  18 Juin 2013, 09:24

Place de la République ? De quelle république ?

A peine inaugurée la nouvelle Place de la République à Paris et inaugurés les quais de l’ancien port de Marseille, la question de la minéralité dans l’espace publique se pose ? Des dalles aux nuances de gris dans un aménagement urbain aux lignes géométriques parsemées de métal ou de bois brut contrastent dorénavant avec la perspective infinie des rues adjacentes.

Les architectes sélectionnés pour ces aménagements urbains ont pris le parti de la stricte neutralité de l’espace publique. Une rupture avec l’urbanisme du 20 siècle qui depuis Hausmann redoutait les grands espaces, source de rassemblement populaire et d’insurrection. Paris et Marseille ne redouterait-il plus les barricades ?

 Un espace qui s’ouvre et qui supprime les coins et recoins modifie la perception que l’on peut se faire de la ville. Le désordre et chevauchement du mobilier urbain se faisait auparavant au rythme des années sans exclure les ruptures de styles et de besoin des usagers. La minéralité sèche de l’espace publique tend actuellement à gommer l’intimité des bancs publics et à livrer au regard de tous les passants.

Cette volonté d’assécher le regard est aussi le résultat de la politique d’implantation systématique de la vidéo surveillance dans l’espace public. Une volonté politique affichée d’éliminer les espaces échappant aux caméras. Le minéral est la vitrine urbaine de contrôle et de surveillances de nos concitoyens. Les anciennes Républiques socialistes étaient passées Maitres dans l’art d’accommoder le minéral avec la privation de liberté. L’ancienne place d’Alexanderplatz à Berlin-Est a du servir de modèle au renouveau urbain des deux plus grandes villes de France. ..

Igor Deperraz

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