Un magistrat tente d'attraper son train en gare d'Amiens

par igor deperraz  -  28 Septembre 2013, 16:20

Les cordonniers sont chaussés par les magistrats en gare d’Amiens

Mais à quoi pensent nos magistrats lorsque leurs obligations professionnelles les contraignent à siéger. il en est un dont on sait aujourd’hui qu’il avait la tête ailleurs pour s’obliger à partir en pleine affaire un mercredi soir lors des audiences de la sixième chambre des appels correctionnels de la cour d’appel d’Amiens. Cette affaire fait grand bruit au palais et l’on reste dans les couloirs et les coursives bien gênés par cette posture. L’intéressé avait un train à prendre et pas n’importe lequel… le dernier ! Cette affaire en rappelle une autre bien différente, mais plus croustillante qui avait vu un honorable magistrat pris la main dans la robe. Le Magistrat a donc couru jusqu’à la triste gare d’Amiens pour tenter de monter dans l’omnibus.

Au-delà de l’anecdote et du fait divers, cet incident de séance marque l’indifférence que manifeste l’ensemble de la société civile à la règle implacable des chemins de fer : Un train, ça part à l’heure et ça arrive qu’en ça peut..L’utilisation d’un transport collectif remboursé en partie par le Ministère de la Justice dans le cadre du soutien des administrations aux transports collectifs a donc été mise en contradiction avec les horaires du palais d’Amiens. Ce travail nocturne est d’autant plus critiquable que le Ministère de la Fonction publique s’est engagé à veiller à ne pas encourager le travail tardif dans le cadre de l’égalité professionnelle.

Pourtant cet homme qui aurait pu être tranquillement chez lui à une heure tardive se trouve aujourd’hui obligé de se justifier et passera peut-être en conseil disciplinaire. Pour qu’une politique des transports en commun et de covoiturage puisse exister, il est nécessaire que les employeurs et les employés respectent avec une certaine souplesse les horaires de travail, y compris ceux en charge de faire respecter la loi.

 À quoi pensait donc ce magistrat en attendant son train, nul ne le saura jamais, l’audience étant renvoyé aux calendes grecques…

Igor Deperraz

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