Domenico Quirico et le doute
Domenico Quirico revient de loin, ce journaliste italien de 62 ans couvrait le conflit syrien pour le journal italien la Stampa lorsqu’il a été trahi par l’ASL (Armée syrienne libre) et vendu et revendu à des groupes de brigands pro-islamistes. 152 jours livrés aux humiliations les plus intimes, allant de la privation de nourriture aux cellules sans aération remplies de cafards. Une volonté de ses ravisseurs de nier sa qualité de journaliste, mais aussi d’être humain.
Libéré après le versement d’une rançon, même si ce sujet reste toujours tabou dans les chancelleries européennes, il illustre l’embarras et le retour en arrière États-Unis dans ce conflit. L’utilisation des armes chimiques par le gouvernement Syrien est loin d’être certain même s’il ne fait aucun doute que Bachar el Assad est un criminel de guerre, il est bien difficile de savoir aujourd’hui qui fait quoi et qui manipule qui sur un territoire livré aux bandes sanguinaires.
Vladimir Poutine qui n’est pas maître en démocratie pourrait- il avoir raison de calmer le jeu dans cette volonté occidentale d’aider l’ASL, coquille vide de l’opposition Syrienne? Sur le terrain les troupes gouvernementales ne sont plus sous contrôle et l’on se prépare en interne à la succession possible de Bachar. Dans l’opposition, les groupes fondamentalistes ont pris le pouvoir et il ne reste plus que quelques intellectuels retranchés à l’étranger pour faire croire à une opposition démocrate.
Dans ce conflit, la presse a largement pris parti pour l’opposition Syrienne, mais est ce vraiment un bon travail de journaliste que de ne voir ce conflit que sous l’angle du renseignement américain. Il ne faut ni absoudre Bachar ail Assad que l’on adulait encore hier, ni donner un blanc- seing à cette opposition syrienne qui ressemble de plus en plus aux seigneurs de guerre qui sévissent en Afghanistan. Domenico Quirico aura cru lui aussi naïvement à cette opposition syrienne .Bien mal lui en a pris …
Igor Deperraz