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Publié par igor deperraz

Effeuillage de route environnementale

La conférence environnementale s’achève avec deux discours importants. Le premier du Président de la République fixant les grands objectifs temporels « Les économies d’énergie représentent la moitié au moins du chemin à parcourir vers une société sobre en Carbonne à l’horizon 2050 » et le deuxième du premier ministre déroulant le catalogue des mesures ponctuelles. « La feuille de route pour la transition énergétique (…) nous voulons ancrer la question écologique dans la durée ».

Deux perspectives et deux conceptions du temps.  Pour François Hollande, il existe un horizon 2050 que l’on peut concevoir et prévoir. Pour remettre ce temps en perspective, remettons-nous en 1945 et imaginons ce que serait la société des années 1980… téléphone portable, centrales nucléaire après Hiroshima ! Cet horizon est bien entendu invisible et indicible.

Pour Jean Marc Ayrault « dans dix ans, nous devons disposer de véhicules consommant 2 litres d’essence pour mille kilomètres… au cent kilomètres pardon »une échelle possible d’action qui en dit long sur la croyance en la technologie dans laquelle s’enferme souvent le politique. L’idée de consommer 2 litres d’essence pour mille kilomètres n’est bien entendu qu’un rêve inconscient du premier ministre qui exprime l’espoir d’une technologie libératrice. Il y a heureusement des mesures immédiates qui s’imposent comme l’interdiction du bisphénol A ou la fermeture de la centrale de Fessenheim en 2016, même si là aussi, le futur dépend des changements ou du maintien du gouvernement en 2016 !

Certes le premier ministre anticipe les critiques de cette tragédie du temps qu’il ne peut maîtriser « ceux qui pensent qu’on perd du temps… je pense que nous en avons gagné aujourd’hui ». Comment gagner du temps sur cette exigence environnementale définie par François Hollande « comme une obligation et une volonté ».

 La conférence environnementale aura montré la volonté du gouvernement, mais n’aura pas porté temporellement les obligations qui s’imposent ici et maintenant. L’usage du futur dans les questions environnementales remet à un lointain que l’on sait infidèle les urgences du moment ».

Dans pilote de guerre Antoine de Saint Exupéry écrivait « et s’ils s’en vont droit devant eux, c’est par l’effet de l’incohérence générale qui les divise les uns d’avec les autres, et non par horreur de la mort. Ils n’ont horreur de rien : ils sont vides.

Igor Deperraz

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