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Publié par igor deperraz

 

 

Tiens, j’ai dis tiens

 

Les grandes entreprises françaises ont en partie délocalisé leurs unités de production dans les pays européens périphériques, Slovaquie, Roumanie...pour pouvoir survivre dans l’environnement ultra concurrentiel du grand marché mondialisé. Il reste cependant  en France quelques unités de prestige ou d’assemblage qui laissent le gout du « made in France » mais qui cachent dans les faits un abandon du territoire national  pour les paradis salariaux européens. En réclamant des hausses de salaire ou le maintien de l’emploi sur des unités de production hors compétitivité européenne, à l’exemple de ce qui se passe dans l’industrie automobile, les salariés français deviennent les donneurs d’ordre de l’exploitation de leurs collègues tunisiens, portugais. Les bénéfices dégagés sur le dos des travailleurs de ces pays, souvent rémunérés moins de 400 euros par mois servent en partie à payer les hausse de salaires français et à maintenir une relative paix sociale. Par un effet assez pervers, les « prolétaires » de tous les pays ne sont plus unis mais s’exploitent les uns les autres. Jusqu’où la compromission pourra-t-elle aller ? Il est certain qu’une part infime de plus value revient au monde ouvrier et que les profits sont engrangés par les actionnaires ; mais les revendications salariales françaises se voilent la face pour ne voir que ses intérêts corporatistes. Dans les faits, c’est l’ouvrier Slovaque qui va devoir baisser son salaire pour payer une augmentation coté français. Que faire ? Pour l’industrie automobile, la fermeture des sites de production serait  une solution équitable  avec un grand projet de reconversion vers les énergies propres. Les salariés évolueraient alors  à leur juste niveau de salaire et permettraient aux roumains, slovaques d’atteindre à terme une rémunération juste et équitable. Comme pour la sidérurgie Lorraine, la réflexion ne doit plus se porter uniquement sur la pérennité d’un outil de production en totale décalage avec la réalité économique mais sur sa reconversion dans un environnement européen très inégalitaire en termes de coût salariaux. Le ministre du redressement productif aura une tache bien délicate s’il veut non pas flatter le monde salarié mais l’éclairé sur son  avenir que l’on souhaiterait plus radieux !   Igor Deperraz

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