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Publié par igor deperraz

Pour une école ouverte 360 jours par an et 6 jours sur 7

Le retour du mercredi matin ou du samedi matin travaillé pour les élèves et professeurs du primaire divise les collectivités locales et les parents. Telle commune souhaite faire travailler les enfants le samedi matin pour dynamiser son marché aux légumes, telle autre le mercredi pour optimiser son chauffage. Dans les familles on s’affronte dorénavant ouvertement entre les parents séparés qui ont signé des conventions de divorce notant le départ de la garde le vendredi soir et les familles conventionnelles.

La réforme du temps scolaire a réveillé l’opposition inconsciente des Français au monolithisme de l’Education Nationale .comment supprimer une partie des  vacances d’été aux enfants de Calais alors qu’ils ont regarder tomber la pluie derrière leurs vitres pendant les congés de février et avril sans pouvoir faire du ski ! Chaque commune a ses spécificités tant géographiques que sociologique. En associant le temps travaillé des enfants et des professeurs, on dénature la notion même de service public d’Éducation. L’école devrait être ouverte 360 jours par an ,6 jours sur sept.

Puisque l’État n’a pas les moyens de payer ses professeurs, rien ne l’empêche de garder les mêmes temps de travail et d’organiser la continuité des  services dans la discontinuité des emplois du temps. Il est tout à fait possible aux élèves d’avoir un premier trimestre avec un professeur et un deuxième avec un autre sans que cela n’altère la qualité de l’enseignement. Le développement du numérique permet aujourd’hui aux élèves de s’inscrire dans un temps choisi. L’école numérique amènera inévitablement à une remise en cause de la toute-puissance du traditionnel face à face professeur — élèves.

L’individualisation de l’espace éducatif correspond à l’individualisation des contrats de travail. Il est fini le temps où les sirènes d’usines sonnaient à l’unisson à midi et 19 heures ! Cette évolution que l’on peut contester n’en apporte pas moins une revendication d’ajustement des services publics… au public. Si l’Education Nationale publique n’est plus à même de rendre ses services aux publics, le secteur privé viendra rapidement supplanter cette carence au prix d’une exclusion grandissante des exclus de la croissance. Il aurait été plus opportun de faire pour la gauche, une grande réforme de l’autonomie des établissements scolaires au lieu d’engager une réforme qui ne résistera pas aux évolutions de notre société. Un nouveau rendez-vous manqué qui fera un nouveau  flop !

Igor Deperraz

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