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Publié par igor deperraz

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Lumière d’août à Paris.

Paris d’après 15 août, c’est une promesse de calme et de tranquillité jamais contredite. On y dort la fenêtre ouverte en se réveillant au son des cloches et des moineaux. Le métro ouvre ses portes sur des rames vides et silencieuses et traverse les ponts de la Seine à petite vitesse pour éviter l’insupportable grincement des roues sur les voies. Des Chinois regardent un plan tout en cherchant des yeux la cime de la tour Effel.

 Une vieille dame s’aventure sur son balcon pour arroser de superbes géraniums d’un rouge écarlate à faire pâlir d’envie la fille d’en face bronzant à la sauvette sur le banc d’un parc abandonné par les enfants en vacances. C’est aussi des terrasses aux garçons de café jouant plus que jamais les titis parisiens pour poser sans délicatesse un café allongé à prix d’or. Quelques velibs déambulent à contre sens dans des rues envahies par les piétons en jouant de la sonnette et en criant gare aux flâneurs endormis. Des rues entières restent livrées aux piétons. Quelques sans-abri qui ont choisi (subi) de ne pas quitter leur place pour les plages du grand ouest demandent avec un petit sourire une glace dans un cornet gaufré. Les volets fermés des magasins proposent de la matière aux scénaristes en vue d’une prochaine fin du monde.

 Que serait Paris sans ses habitants happés par le bruit des voitures et des livreurs en mal de stationnement ? Que serait cette capitale sans la foule s’engouffrant à toute allure dans des bouches de métro insatiables ? Une petite ville de Province ignorant la fureur de vivre. Un petit coin de verdure au milieu du cauchemar des pavillons et des tours. Au mois d’août, Paris s’oublie et se donne aux passants du sans-souci, le temps d’un court voyage en nostalgie. Ces quelques jours entre folie des grands départs et rush des grands retours sont de la grande poésie en mouvement.

À saisir immédiatement sans modération !

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photographies igor deperraz

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