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Publié par igor deperraz

Les nombres ne sont que symbole, et pourtant, je n’aurai pas imaginé franchir la barre symbolique des mille chroniques écrites. Comme une de deuche qui passe les 100 000 kilomètres, je me prends à regarder le compteur. C’est l’occasion de rendre hommage à mon Maître en écriture qui termina ses brillantes chroniques le 6 novembre 1925 par ces mots « l’individu est tout ; pour que les choses soient belles, il faut d’abord qu’il existe un être vivant capable d’en sentir la beauté » Henri Roorda n’était pas qu’un simple professeur de mathématique de la Suisse romande, ma lointaine patrie, mais aussi un des plus grands chroniqueurs des 20 siècles.

Extrait… "Le journaliste a sur le thermomètre une supériorité incontestable. Le petit appareil inventé par Messieurs Réaumur et centigrade ne nous donne jamais que des indications très sèches : des chiffres, et rien de plus. Impassible et inodore il marque avec la même sérénité la plus élevée et la plus basse. On dirait que tout cela ne lui fait ni chaud ni froid. Quant au journaliste, il ne se contente pas d’apprendre à ses lecteurs distraits qu’il fait froid, ou qu’il fait chaud : il ajoute à ce renseignement utile un commentaire qui peut avoir, s’il ne fait trop chaud, une grande portée morale (…) Je dois malheureusement m’arrêter sur une note triste. La chaleur rend égoïste. Le 10 août, il avait fait très chaud. Dans le courant de la nuit, je vis en rêve un ange qui portait un plateau chargé de bouteilles. Cet ange me demanda : » veux-tu que je te donne la promesse d’une paix durable dans les Balkans, ou bien préfères-tu un mélange de vin frais et d’eau de Seltz ? » Je répondis : » cher ange, j’aime mieux le vin frai » il est vrai que c’était en rêve. Éveillé, j’aurais sans doute hésité.

 

Igor

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