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Publié par igor deperraz

Libération ou Libation depuis 40 ans

 Quarante déjà que Libé pose sa Une dans les Kiosques. Le quotidien fondé par l’icône intellectuelle du moment, Jean Paul Sartre, prenait alors pour devise « Peuple prends la parole et garde là ». Si la première idée est restée, la deuxième s’est vite évaporée après 1981.

De 1973 à 1981, le quotidien géré par ses salariés dans la pure tradition de ce que Serge July appelait en 1978 le libéralisme libertaire s’est épanché sans retenue sur la société française en mutation. Assister à une assemblée générale ne manquait pas d’intérêt et surtout était ouvert à tous. Rien du reste dans la rédaction n’était interdit sauf les débats pros Mao ou pros Groucho Marx. Je me souviens que Lycéen, avant d’être correspondant du Matin de Paris à la Fac, j’avais pu déposer à la volée des photos publiées plus tard dans l’indifférence générale sans que l’on me demande mon ADN. À la conférence de rédaction, la ligne éditoriale ressemblait plus à la forme de la feuille de cannabis qu’à une trame de chemin de fer.

Le journal donnait l’impression de ne pas être fait pour être lu, mais pour être écrit. Les petites annonces qui ont fait le succès du titre étaient devenues le rendez-vous obligé de tous les comploteurs en herbe de la gauche libertaire et aussi des âmes en peine. Libé aurait pu continuer à pousser sur le terreau des contestations, mais l’arrivée de François Mitterrand et du Matin de Paris donnait un coup de vieux à cette forme d’écriture journalistique. L’ère de faire l’amour pas la guerre se finissait, on assistait au retour du faites la guerre et l’amour après. Serge July délaissait finalement le libertaire pour le libéralisme.

Si Libé et non libération existait encore, on lirait certainement en une, non pas « Mariage pour tous jouez au bongo des députés », mais L’Assemblée nationale vote le droit universel de s’en…..C’était ça Libé ! 40 ans ont passé ! Et l’on cherche toujours le quotidien qui trouvera le ton juste pour coller à l’air du temps et se jouer des filouteries du Net.

Igor deperraz

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