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Publié par igor deperraz

Pour C...

Les instituteurs ne sont pas des lumières...

Seulement 80 pour cent des enfants savent lire et écrire en France après avoir passé 5 ans dans les mains de l’école primaire. Ce chiffre est alarmant, catastrophique et bien entendu inadmissible. Le rapport de l’Inspection générale « Bilan de la mise en œuvre des programmes issus de la réforme de l’école primaire »  est sans appel : « la majorité des maîtres ne dispose pas des cadres théoriques minimaux, ce qui ne leur permet pas d’être lucides quant à leurs pratiques » Tout est dit en quelques mots, les professeurs d’école ne sont pas lucides, en d’autres termes, ils ne sont pas des lumières.

Au sens étymologique du terme. L’analyse des pratiques est aussi sans nuances « Il manque donc aux maîtres des compétences importantes que la formation ne leur offre pas. Ce défaut semble valoir aussi bien pour les maîtres depuis longtemps dans les classes, qui n’ont donc pas bénéficié des derniers apports de la science et pour les nouveaux venus sans formation depuis 2008 ». L’ensemble de ce rapport analyse avec justesse les manques théoriques et le déficit de réflexion globale sur l’acte de lire, écrire compter. C’est un constat juste qui amène à un protocole de remédiation « il faudrait « procéder selon le cas, à un accompagnement des maîtres par de la formation, à des reports sur l’année ou le cycle suivant ou à des ajustements dans les niveaux de maîtrise attendus ».

 Les hussards noirs de la république seraient donc devenus au fil du temps incapable de théoriser les acquis de la science et seraient en quelque sorte  devenus obsolète. Une forme d’obsolescence programmée qui les obligerait aujourd’hui à se renouveler ou à finir à la déchèterie des bonnes intentions.

 Très rapidement on éludera le report de la pénibilité qui permettait aux instituteurs de partir à la retraite à 55 ans, on éludera aussi les multiples taches pour lesquelles, ils n’ont pas la compétence universitaire nécessaire comme l’anglais. On éludera le problème de la durée de classe qui ne change guère avec la réforme Peillon..On éludera la multiplication des réformes et contre-réforme qui ont privilégié et souvent imposées la combinatoire un jour, la syllabique un autre .On éludera aussi le point le plus important, la crise sociale qui frappe la France à l’opposé des pays du Nord de l’Europe. On éludera la montée de l’enfant roi et de l’impossibilité pour les enseignants  de mettre dans leur classe des sanctions proportionnées. On éludera aussi la volonté du ministère de privilégier la classe numérique, les écrans informatiques.

Un constat et une démarche scientifique n’emportent pas toujours la raison d’une cause aux visages multiples. Le cancer du poumon est en partie du au tabac, mais ses causes ne dépendent pas que du tabac …Ne pas savoir lire et compter pour un enfant qui vit dans la précarité sociale, la pauvreté intellectuelle et les violences conjugales n’incite pas à faire du  lire une capacité d’émancipation universelle. Passer tous les soirs devant un écran à jouer à des jeux de guerre, écouter ses parents dire à longueur de journée que l’école ne sert à rien…

Dans ce débat qui oppose une analyse scientifique à la pratique du terrain, l’avantage revient toujours à l’emphase de la science, mais il faudrait un jour se poser la question du bien-fondé de la recherche théorique en matière d’apprentissage de la lecture dans une civilisation qui depuis  plusieurs milliers d’années apprend à lire et à écrire à sa progéniture. Quel cadre théorique a  t on besoin pour apprendre à manger une bonne tarte aux fraises Il en va de ces rapports brillants et forts justes de la même démarche que la tarte à la crème ….Igor Deperraz

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