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Publié par igor deperraz

photographie igor deperrazfestival-de-vaour-epreuve-2-copy.jpg  Demain il faisait beau

Les responsables politiques du moment, de ce court instant, aiment à nous répéter que nous vivons plus longtemps. Qu’il y aurait mécaniquement urgence à rallonger l’âge de départ à la retraite. C’est ce qu’ils proposent aujourd’hui dans la plus totale impunité. Pour eux même ! Non ! Pour ceux qui viennent !

Les scandales sanitaires s’accumulent mettant largement en cause la politique sanitaire de ces dernières années. Pesticides, bisphénol A, cigarettes, proximité des centrales nucléaires, diesel, polluants domestiques… la liste s’allonge chaque jour. Les générations qui viennent vivront pourtant moins longtemps et en moins bonne santé que la génération camping-car.

 Patricia a aujourd’hui 57 ans, une énergie qui ferait pâlir un golden boy de trente ans et une retraite qui s’approche. Dans quatre ans! Elle contemple le soleil qui fleurit sur la prairie de cet avenir que l’on promet lointain. Le bien-être qui s’ouvre à  l’approche de la retraite promise. Des oiseaux se battent pour un bout de cerise, des feuilles bruissent. Enfin une belle journée d’été. Un instant de bonheur, de nirvana. À 57 ans, on nous le répète tous les jours, on peut encore travailler 10 ans de plus.

 Patricia compte les heures, les minutes, les secondes, l’infini qui se dessine devant elle. Une vie à penser bio, à vivre bio. Aujourd’hui, c’est le vrai bonheur, la surdose de morphine apaise enfin les huit mois de lutte corps à corps avec un mal sans frontière. Cette opération à vif, crane ouvert,pour rien, des chimios de dernières minutes pour ne pas contrarier les proches. Et cette tumeur qui se rit des mensonges des politiques. Quelques heures, quelques minutes quelques secondes avant une retraite à 57 ans.

Est – ce vraiment trop demander à la solidarité nationale de pouvoir avoir le droit de partir à 55 ans avec une petite retraite pour pouvoir vivre tout simplement ?

 J’ai noté quelques phrases dans le livre de Khaled Hosseini « Les cerfs-volants de Kaboul » que tu m’avais envoyé, « La guerre est terminée, Hassan.Nous allons enfin connaître la paix, le bonheur, la tranquillité !   Finis les tirs de roquettes, les tueries et les enterrements. Mais il a juste éteint le poste en me demandant si j’avais besoin de quelque chose avant qu’il aille se coucher. Quelques semaines plus tard, les talibans ont interdit les combats de cerfs-volants. Et deux ans après, en 1998, ils ont massacré les Hazaras à Mazar-e Charif »…

Quelques minutes ,secondes avant que le vent ne t’emporte …

Igor Deperraz

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