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Publié par igor deperraz

L’école dans un brouillon

Un mois après la rentrée, un premier bilan peut être dressé de la réforme Peillon sur les rythmes scolaires. La première constatation est que cette réforme est en place ! La deuxième est qu’elle amène un grand bazar dans la gestion des sorties d’élèves. Les professeurs ou les animateurs ne savent plus qui reste et qui part à quelle heure. Cette école à la carte instituée par Vincent Peillon est une première dans l’Education Nationale qui fixait à l’ordinaire un règlement intérieur départemental imposant les horaires d’entrée et de sortie des élèves. Qu’un problème survienne à la sortie de l’école et l’on verra s’accumuler les dénis entre les collectivités locales et le Ministère de l’Education Nationale.

 Il ne faut pourtant pas balayer d’un trait de plume l’idée sous-jacente à cette réforme : rendre le service de l’Education Nationale plus souple et plus autonome. Si la pression forte de l’administration centrale ne contrecarrait les volontés libertaires du ministre, les écoles pourraient aujourd’hui accueillir les enfants à la carte. Une demande de la société civile qui a vu ses horaires de travail déréglementés et éparpillés avec les RTT et les contraintes économiques. Cette école à la carte tant dans ces horaires et jours d’accueil que dans les vacances à la carte est le rêve de tout parent qui, la crise aidant, souhaiterait s’affranchir des frais de garde et partir en vacances à des dates choisies. Aligner l’école sur la société civile n’est pas gagnée et toujours pas d’actualité, le ministre ayant sur demande insistante de la Présidence calmé le jeu et au final repoussé le zonage des congés scolaires.

En face de ce projet très soixante-huitard, des professeurs du premier degré toujours mal payés et au final assumant seuls les difficultés de cette réforme tout en travaillant plus. L’échec prévisible de cette belle idée tient en grande partie dans ce déni financier envers les anciens instituteurs. Pourquoi assumeraient-ils et paieraient-ils de leur poche une réforme qui les fait travailler plus ? Parce qu’ils ont voté majoritairement pour Hollande ? Il ya aujourd’hui une différence de 1000 euros entre le premier et le second degré avec toutes les nuances du système indiciaire de la fonction publique. Comment dans ces conditions réformer en profondeur les pratiques et une approche plus souple de l’école si ses acteurs doivent mettre la main à la poche pour faire réussir un projet qui les pénalisent financièrement et qui les fait travailler plus ? Sarkozy en avait rêvé, Hollande l’a fait…

Igor Deperraz

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