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Publié par igor deperraz

Un accord en ré mineur

L’intitulé est fleuve « un nouveau modèle économique et social au service de la compétitivité des entreprises et de la sécurisation de l’emploi ». Pour l’équipe de François Hollande comme pour l’ensemble des grandes organisations syndicales, la flexi -sécurité apparaissait avant la campagne électorale comme le modèle permettant de concilier tout à la fois la liberté d’entreprendre et la sécurisation des parcours professionnels et familiaux.

 Rejoignant en partie les employeurs pour qui la souplesse dans les licenciements s’affirmait comme la seule variable d’ajustement économique d’un marché ultra concurrentiel.

L’État serait ainsi devenu le coussin amortisseur des aléas conjoncturels en proposant un grand service public de la formation permanente.

Pour ce faire les fonds de la formation continue qui trop souvent servent de tout autres intérêts que ceux des salariés auraient nécessité être redéployés. Et de cela, ni les syndicats ni le patronat ne veulent entendre parler.

Accord historique ? Ou accord de circonstance ?

Ne soyons pas dupes, lors du tour de table, le gouvernement a clairement posé ce qu’il attendait à minima du patronat. Là négociation ne s’est donc pas joué sur l’intelligence de l’accord, mais bien sûr ses modalités pratiques.

Les conseillers de François Hollande issus du monde syndical ont certainement permis de faire avancer l’accord.

pour la Présidente du Medef constatant « l’avènement d’une culture du compromis après des décennies d’une philosophie de l’antagonisme social », la signature permet d’éviter une discussion parlementaire qui aurait tourné en sa défaveur. La majorité parlementaire est comme pour le mariage pour tous sur des positions beaucoup plus antagonistes que celles du Président de la République.

Au final la flexi- sécurité de l’emploi est enterrée, le grand service de la formation continue est remis aux calendes grecques.

Pour la souplesse des licenciements, les salariés et employeurs n’avaient pas attendu la grande messe pour simplifier d’eux-mêmes la procédure et s’octroyer un accord tacite sur la flexibilité. Le licenciement pour abandon de poste (négocié) et donc pour faute grave servant à contourner les lourdeurs administratives.

Si les partenaires sociaux ont repris un temps la main sur leur base, ils n’ont pas comme dans les pays du Nord amenés en France la Culture du dialogue social. C’est peut être en cela que cet accord n’est en aucune façon historique ou presque.

 

Igor Deperraz    de Bully

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