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Publié par igor deperraz

Journalisme académie

Comme chaque année, les écoles de journalisme de Lille et de Paris s’apprêtent comme bien d’autres centres de formation à accueillir en leur sein la nouvelle promotion d’élu. Un concours sélectif et exigeant pour un cursus qui ne l’est pas moins. La professionnalisation de cette profession est née dans les années 30, avec la reconnaissance du statut en 1935 et l’ouverture du premier centre de formation reconnu en 1946. Depuis ce temps, on est passé de 5000 cartes de presse à 35OOO. Sous ce qualificatif se cache de nombreux métiers qui sont plus ou moins en lien direct avec la profession. Pour un jeune étudiant qui envisage ce parcours, la question est de savoir si au bout du tunnel, le stylo ou la souris ne restera pas au placard des bonnes intentions. Pour les deux prestigieuses écoles, la reproduction scolaire s’y invite régulièrement et le coup de fil qui va bien ou le petit stage entre amis ne devrait pas poser de problème de sortie. Pour les autres qui jouent sur les frais d’inscription, la question est de savoir s’l y a un lien entre la motivation et le chèque de début d’année. Les unes comme les autres ont « normalisé »le rédactionnel et pour une part donné à la Presse ce petit gout amer que l’on ressent lorsque l’on paye l’addition en terrasse de la rue des Saints pères près de Silences po. L’idée d’une académie de journalisme ouvert aux jeunes est intéressante parce qu’elle signifie que la Presse prend à bras le corps son problème de reproduction. Les lecteurs n’habitent plus le 5 arrondissement et ne partagent plus le point de vue parisien des Rédacteurs formatés et normalisés. La création d’Ecole de journalisme s’est transformée trop rapidement en usine à gaz des bons élèves. Certes la qualité rédactionnelle des articles y a gagné mais la qualité émotionnelle en a perdu. L’âge d’or des titres de Presse qui avait amené France soir à de grands tirages tenait en partie au coté populaire du recrutement de ses équipes rédactionnelles. On ne devenait pas journaliste sur concours mais sur sa capacité à écrire juste et à sentir dans le silence de l’introspection l’air du temps. Si l’on poussait l’idée d’Ecole plus loin, on serait amené à envisager la création d’un concours d’entrée d’écrivain. Jack Kerouac serait très certainement absent du palmarès. Sans jeter l’idée d’un cursus universitaire avec des passerelles pour approcher au plus près la profession, il est urgent que de nombreux jeunes issus de la diversité sociale et culturelle franchissent le pas des rédactions. Comme ce besoin de mélanger les générations pour toucher un public varié, la presse écrite doit redevenir se vivier intellectuel de compétence afin d’y retrouver son public par essence et par nombre, populaire.           Igor deperraz

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