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Publié par igor deperraz

GPS song

Les vacances de Pâques annoncent toujours le départ des grandes migrations estivales. GPS intégré ou portable, nul n’échappe aujourd’hui à la voix universelle de ce passager à l’humeur impassible. « Faites demi-tour dès que possible… » L’hôte n’est pas contrariant, il ne jette pas ses cartes Michelin à travers le pare-brise lorsque le conducteur s’engage dans une impasse. « Calcul en cours ! » aime-t-il répéter.

 Brillant mathématicien, le boîtier calcule le temps et le chemin restant, les bouchons en formation et signale les petits restaurants ouverts en bord de route. Un avant-goût de la société de demain, toujours plus assistée, toujours moins improbable. Le chemin n’est plus un savant mélange de surprise et de trajet volontaire, il impose ses pauses, sa route au conducteur et finit par prendre le contrôle. Les sociétés d’autoroute proposent même aujourd’hui pour une somme symbolique un petit boîtier qui supprime les derniers contacts humains au péage d’une route de plus en plus déshumanisée. Les panneaux de signalisation quant à eux sont menacés d’extinction. Il sera bientôt plus possible de prendre les chemins de traverse en contemplant leurs belles lettres sur fond d’émail blanc.

 Il est même surprenant que les fabricants n’aient pas pensé à munir leur appareil d’une fonction « bavard (e) » avec au menu déroulant, le flatteur, le romantique ou le pénible pour rompre la monotonie du voyage. À tout ceci, manque le képi du gendarme pour verbaliser et encaisser directement les amendes pour les infractions au Code de la route. Le GPS serait-il l’abréviation du Grand Prêtre satanique… de notre modernité roulante et changeante.

Igor Deperraz

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