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Publié par igor deperraz

Faut-il mettre à poil les profs?

On aurait tort de se gausser d’une courbe ascendante des inscriptions au concours de recrutement des professeurs , 51 pour cent de plus en français, 57 pour cent dans le primaire pour exonérer Vincent Peillon de ses atteintes à ce que l’on peut appeler « avantages acquis », mais ce qu’il est coutume d’appeler dans le monde du travail « contrat de travail ». Pierre est un jeune professeur trentenaire qui a passé avec panache le concours du Capes puis a enseigné 5 ans dans un Lycée technique de la banlieue de Rouen. Pour lui qui n’avait connu du système éducatif que le miroir de la réussite, le métier de Professeur était une voie noble. Il était certain qu’il allait pouvoir faire passer ses savoirs en travaillant ses cours y compris pendant les congés scolaires.

 Petit à petit ce qui au début lui paraissait des petites provocations lui est devenu insupportable « Un jour je demande à un élève de terminal de venir au tableau pour écrire la réponse d’un problème, comme il écrivait avec des lettres de plus de 30 centimètres, je lui demande gentiment d’écrire un peu plus petit, il me répond, j’écris, aussi gros que ma B…. » La réplique était de mauvais goût, mais elle en disait long sur l’intérêt porté sur mon travail » il prit donc, après des centaines d’autres péripéties, la décision de démissionner pour créer son entreprise au mépris des vacances, de la sécurité de l’emploi et de la cantine scolaire …Aujourd’hui en travaillant plus de 60 heures par semaine, il lui arrive de gagner à peine 300 euros par mois, mais il ne regrette rien. « Tu ne peux pas passer ta vie, une boule dans le ventre. Je connais beaucoup de collègue qui ne tenait que parce qu’à la clef, t’as les vacances !!

Comme l’État n’oblige plus ses reçus au concours à signer un engagement de 10 ans, on peut craindre que les finances publiques soient mises à contribution pour financer une formation longue et coûteuse pour un exercice du métier de quelques années ! Soit l’on considère que la crise frappera durablement nos économies et qu’il est nécessaire pour s’adapter de se mettre à la méthode chinoise. Soit l’on espère que le monde du travail va s’adapter et se régénérer ; dans ce cas les  60 000 professeurs pourraient dans quelques années fondre comme neige au soleil .On pourrait être confronté au problème des pays en sous développement économique.  Former dans nos universités et écoles publiques des professeurs qui prendront la poudre d’escampette à la première éclaircie. Penser l’attractivité d’un métier sur la durée de vie d’un ministre lorsque l’on sait qu’il faut 8 ans pour former un professeur est un contre sens économique.

Tout comme profiter de la crise économique pour rogner les avantages acquis sans contrepartie financière relève de l’imposture politique, mais aussi d’une politique de spoliation délibérer d’une catégorie de fonctionnaire .Remettre à plat le régime fiscal des journalistes ou la rémunération des conservateurs des hypothèques ? Les éditoriaux ou les prises de position dans la Presse tiendraient certainement un discours beaucoup moins moralisateur sur le bien du lecteur ou du contribuable.

 

 

Igor Deperraz

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