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Publié par igor deperraz

Une école « peer to peer" en plein Paris

Le vice-président d’Iliad et fondateur de free, Xavier Niel part en croisade contre l’Education Nationale. S’inspirant largement du campus d’excellence privé américain, le bouillant trublion de la téléphonie mobile s’attaque dorénavant à un autre monopole : L’Éducation. Les chiffres alignés sont à la hauteur de ses ambitions. 4200 mètres carrés en plein Paris avec un financement garanti pour 10 ans. Mille étudiants sélectionnés ne préparant aucun diplôme, mais accumulant dans un système de pear to pear une certification. Ne plus être embauché sur un diplôme, mais sur une compétence, tel est le pari que fait cet actionnaire du ‘Monde’. Un pari qu’il n’aura aucun mal à relever dans un contexte économique catastrophique. Ouvert sept jours sur sept et 24 heures sur 24, cette école bouleversera les habitudes universitaires françaises habituées à de longues vacances des savoirs et des personnes. Si elle est aujourd’hui annoncée gratuite, cette université entendra bien s’ouvrir à des formations payantes, une fois son vivier de génies recrutés ! C’est donc bien l’entrée dans le paysage d’Universités "free" privées, fonctionnant sans aides de l’État qui fait son apparition en France. Une rupture entre la recherche fondamentale et les activités rentables et productives qui profitera aux  mécènes privés. En élargissant ce concept, les Universités privées devraient siphonner le vivier de jeunes chercheurs qui ont fait la réputation de la France comme dans l’exemple des  mathématiques pures souvent cité en référence . Si Xavier Niel a révolutionné la téléphonie mobile, il pourrait bien déstructurer aussi le dogme intangible de l’Université française. Cet avertissement ou cette déclaration de guerre devrait inciter les Universités à réfléchir davantage sur la religiosité des diplômes.  Assiste- on par cette initiative à la fin de la suprématie du bout de papier qui fige pour toute une vie des compétences. L’école de la certification contre l’école des diplômes de pacotilles ?

Igor Deperraz

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