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Publié par igor deperraz

Le Khat en lasagne

Nos démocraties de l’écrit font elles obstacle aux paroles du corps provenant des grandes traditions de culture du cannabis et du khat éthiopien. Brouter le « catha edulis » comme fumer du cannabis ou mâcher de la coca en communauté libère la parole, mais aussi procure la sensation d’appartenance à un groupe. Importer dans nos pays individualistes, ses consommations que l’on considère de nos jours comme des drogues font peur aux États quand ils ne servent pas leurs intérêts politiques.  

La diffusion de l’héroïne dans les milieux d’extrême gauche italiens des années 70 a permis non sans risque de déstabiliser un mouvement politique clandestin. La classification du Khat n’est pas la même partout en Europe. Les pays bas viennent de l’interdire, mais l’Angleterre qui soigne ses communautés l’autorise. Il y a quelques absurdités à avoir aboli les frontières dans l’Union européenne pour aboutir à des interdictions qui ne reflètent pas la toxicité d’un produit, mais son rapport avec la Morale établie.

 L’exemple du tabac illustre à merveille l’ambiguïté des réglementations sanitaires. En posant la question de la légalité d’un végétal, nos démocraties se posent sans réel débat démocratique en censeur du corps et n’hésitent pas à interdire ce qui relève de l’abus de soi. Est-il plus sain de » brouter « du Khat » ou d’ingurgiter un plat de lasagne préparé ? Manifestement pour les autorités sanitaires anglaises .Le Khat est de meilleure facture. Notamment le miraa du Kenya qui doit être consommé dans les 5 jours.

La consommation de plats cuisinés comme celle de plantes naturelles non modifiées génétiquement devrait être du ressort de la sphère privée. Une évolution de la démocratie athénienne vers la philosophie africaine.

 

 

Igor Deperraz

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