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Publié par igor deperraz

Nous sommes les filles de l’air ?

La décroissance appliquée à soi n’est pas qu’une utopie réservée à la bobocratie. Elle peut devenir un acte politique fort face à des réalités qui s’annoncent cruelles. Les générations nées après les années 60 ne verront pas leurs retraites honorées avec la même générosité qu’aujourd’hui. À moins d’attendre patiemment l’âge de 67 ans, peu bénéficieront d’un revenu permettant de jouer les filles de l’air. Dans un monde ultra-compétitif où tout change tous les 5 ans et où la réduction du temps de travail implique la paupérisation, réduire son temps  dans l’entreprise passé 60 ans reviendrait à travailler gratuitement pour son employeur.

 La décroissance réfléchie et anticipée par une majorité de cette classe d’âge serait un signal fort en direction des nantis de la croissance qui ont pillé sans vergogne les caisses de retraite en laissant un amas de dettes et un minimum vieillesse comme lot de consommation. Pourquoi dans ces conditions iniques, continuer à travailler jusqu’à 67 ans pour subventionner les caisses de retraite sans attendre en retour un renvoi d’ascenseur ?

 La décroissance individuelle et partagée par ces post quinqua refuzniks redonnerait un sens au mot préretraite .Un mot complètement passé aux oubliettes dans les tables rondes sur l’avenir des pensions. Habitat collectif, voiture partagée, production autonome d’électricité ; circuit court et monnaie locale, tout est à inventer pour anticiper cette faillite des régimes par répartition.

 En devenant autonome bien avant les 67 ans qui sont devenus la règle en Europe, cette génération escroquer par ses aînés retrouvera de la dignité et une qualité de vie qui leur est aujourd’hui allégrement bafouée. Beaucoup de retraités sont bien entendu aujourd’hui misérables et ce hold-up générationnel profite aux privilégiés des régimes par répartition qui ont pu partir avant les années 2010.

La décroissance individuelle et collective affirme le refus de continuer à subventionner un régime par répartition devenu régime de partition. Il y a dans cette forme passive de désobéissance civile un double pari .S’adapter avec les jeunes générations à la fin de l’énergie bon marché et refuser de participer à un système féodal ignorant des grands principes chers à Stéphane Hessel.

Igor Deperraz

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