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Publié par igor deperraz

Christine, Cunégonde ou Marie… Dans les Fleurs du mal.

L’écriture prospère souvent sur les lambeaux des convictions meurtries. Ode souveraine du discours amoureux, la grammaire de nos sentiments se décline au gérondif de nos espérances.

Aimer à perdre la raison remplit  depuis Ronsard de  nombreux vers sans que l’on sache vraiment  pourquoi cette  douce musique de l’âme envahit les cœurs endormis. De ces petits yeux bleus qui pétillent sous la douceur d’un regard fleuri naissent ces petits moments d’harmonie et de paix retrouvée.  Je t’aimais, je t’aime, je t’aimerai épellent les verbes de ce temps  que l’on aimerait suspendu à jamais.

L’amoureux  ne traverse pas le temps, il le subit. De son regard qui s’égare dans les méandres du plaisir ne survit que l’envie de la vie. Des mains qui se tendent et se distendent, se touchent et se lâchent courent sur les méandres des lignes courbes.  

Les fluides brisent l’ennui de la nuit pour le lac des terres de feu. La poésie n’en finit pas de rougir les pages illusoires de ces chants éternels. De Nougaro à Federico Garcia Lorca ;  les mêmes mots, les mêmes vers,  résonnent dans le tunnel des envies.

 Ils  portent en eux les simples mots de la rose épanouie. Les poètes lui donnent  les noms de Christine, Cunégonde  ou Marie, mais ils ne sont que chimères et dragons lorsque leurs vers moqueurs se perdent dans l’oubli. Le poète n’est pas maudit, il s’ennuie. Soudain surgit du fond du placard ressurgit cet éternel spleen de l’idéal dans son écrin d’espoir.

L’invitation au voyage de Baudelaire

 Mon enfant, ma sœur

Songe à la douceur

D’aller là-bas vivre ensemble !

Aimer à loisir,

Aimer et mourir

Au pays qui te ressemble !

Les soleils mouillés

De ces ciels brouillés

Pour mon esprit ont les charmes

Si mystérieux

E tes traîtres yeux,

Brillant à travers leurs larmes

 

Que faire de ce long voyage en symphonie sinon d’entrer par effraction dans le monde feutré des liseurs de liserons.  Éplucher la littérature pour y surprendre quelques vers au hasard des chemins caillouteux. La poésie n’est pas qu’un art éphémère du mot, elle est aussi l’étendard de la pensée à crue. Transformer le politique en poétique pour qu’émerge enfin une prose de la vérité, chargée de vers sans mensonges.

Igor Deperraz

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