Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par igor deperraz

Cannes en Solex ou en Rolex 

Le festival de Cannes est l’évènement people du printemps. Comme  accessoirement on  s’y  occupe de cinéma,  on va aussi  à Cannes pour  réaliser le rêve fou de posséder sa Rolex avant 50 ans où pour les moins chanceux un solex avec sacoches cuirs. Sur les marches, le Tout Paris se pâme et laisse entrevoir des seins que l’on aurait vus  sans lui. Des Ministres grimpent les marches au milieu des strass et des paillettes avec plus d’aisance que lorsqu’ils sont invités dans les petits festivals de banlieue. L’engouement médiatique et la concentration de vedettes poudrées affichant une certaine arrogance et une potentielle  désinvolture réconcilient temporairement  les salles délocalisées de  Presse. C’est un signe manifeste de consécration pour un journaliste d’y être envoyé, au prix parfois  d’un entassement inhumain, non pas au  foyer Sonacotra mais dans un petit fast-hotel du bord de l’autoroute. On est manifestement très loin du temps où Jean Luc Godard arrêtait avec la nouvelle vague le cinéma bourgeois pour y poser quelques questions sur l’indigne et insoutenable légèreté de l’être cinématogène.  De jeunes femmes exhibent leurs protubérantes masses adipeuses en espérant finir la soirée sur le Teck d’un Yacht panaméen sans qu’un Ministre pour l’égalité des hommes et des femmes exige la réciproque pour ces Messieurs ! Difficile aussi de croire en la volonté de ce gouvernement d’être normal s’il cautionne l’évasion cinématographique sous toutes ses formes. Pourquoi ne verrait-on pas la Ministre de la Culture monter les marches des festivals de la banlieue nord de Marseille ou de la Courneuve avec le même charme et la même détermination à promouvoir la culture sous toutes ses formes et tous ses publics dans tous les lieux de la République ? Les palmes de ce festival sont trop souvent à l’image de l’évènement, d’une affligeante médiocrité. Laissons donc Albert Dupontel « faire le gugusse sur les marches » pour présenter l’excellent « Le grand soir « et se noyer dans ses contradictions nocturnes.   Igor deperraz

  Igor deperraz

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article