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Publié par igor deperraz

On n’est pas contre les vieux mais contre ce qui les fait vieillir « Antirouille »

La presse est en crise et l’on prédit la disparition à court terme de ses versions papier. Ne nous y trompons pas, les sites en lignes à venir se livreront une concurrence féroce pour attirer un lectorat volatil et seront donc peu soucieux de l’indépendance éditoriale du titre. On lit actuellement beaucoup de témoignages d’anciens lecteurs défendant les acquis rédactionnels du passé. Les fautes d’orthographe inadmissibles ! Les approximations, les sujets qui fâchent. Au final, une censure généralisée qui finit par étouffer les jeunes lecteurs.

Pour défendre leur petit confort de lecteur du passé, certains n’hésitent plus à faire pression pour épurer le contenu rédactionnel. Il y a, y compris dans la presse satirique un vent de conformisme à faire fuir les moins de vingt ans !

Le mensuel « ANTIROUILE » que dirigea Patrick Benquet ,Jean Luc Bennahmias dans les années 70- 80 avait mis sur la  Une cette petite phrase que l’on souhaiterait voir écrit dans la Presse « On n’est pas contre les vieux, mais contre ce qui les fait vieillir ».

Ce mensuel qui présentait sur 80 pages des sujets les plus sérieux et fantaisistes, (Fumettes à Limoges, Nantes les colères contenues, noyautez un parti en une semaine, les mineurs auraient un sexe !) S’est imposé avec un budget de fonctionnement qui en dit long sur l’évolution des coûts de fonctionnement des titres actuels.

En 1977 antirouille publia son budget

Salaires : 5 permanents à 2300 francs

Achat à crédit des 4 L du journal 350 francs

Imprimerie 23 000 francs

Papier 50 000 francs

Photogravure 10 500 francs

Et une série d’autres dépenses. On peut remarquer la sobriété d’un titre vendu à 35 000 exemplaires et tiré à 60 000 ex.

On ne peut évidemment faire d’un journal qui manquait de professionnalisme un modèle, mais on peut mesurer l’écart entre son contenu libre et varié et les sujets qui sont actuellement proposés aux jeunes lecteurs. On peut aussi se demander pourquoi les frais de fonctionnement des titres actuels ont pu atteindre de tels montants.

Pour que la Presse ancienne écrite survive, il faut agir contre ce qui la fait vieillir ! et vite.

 

Tout fout le camp !

Igor deperraz

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