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Publié par igor deperraz

Nini peau de chien à la Bastoche

 

Penser l’après élection présidentielle, c’est reprendre le chemin de la Bastille et retourner au cachot de la réalité. Après les envolées lyriques des candidats à l’élection présidentielle, l’Europe et les marchés mondiaux continuent  à  imposer  leur Vérité. Une vérité que l’on peut contester ou amender mais une Vérité du monde à un instant donné de notre Histoire. Regarder avec nostalgie un passé qui n’est que fantasme n’amènera pas les jeunes générations à une réflexion approfondie sur le rôle  joué par  la France dans l’avilissement du « tiers monde » pour reprendre l’expression d’Alfred Sauvy ». Bien que  Les cartes aient  été redistribuées depuis les accords d’Evian et récemment depuis la fin de la France-Afrique,  les Français ne se posent pas la question du salaire d’un  ouvrier tunisien  ou roumain qui se fait payer 200 euros par mois pour donner aux dentelles ses lettres de noblesse. Nous sommes riches  collectivement et n’hésitons pas à gaspiller l’eau, le pétrole, la nourriture, chahuter l’école du service public, surconsommer des médicaments. Il y a comme une arrogance coloniale à penser le monde de demain comme un toujours plus de travail, de production, de richesse.   Faut-il continuer à épuiser les sols, les hommes pour s’apercevoir que nous ne sommes plus les Maitres du monde qui nous entoure. Repenser l’Europe, c’est aussi revoir l’ensemble des conceptions théoriques et économiques qui depuis la révolution française nous ont amené à être une nation de prédateurs, n’hésitant pas à violer, torturer des Algériens pour garder notre conception archaïque  de la  démocratie grec. Un peuple minoritaire libre et causant oubliant  ces milliers d’esclaves à son service.  La conception française des droits de l’homme s’est trop souvent arrêtée aux frontières du territoire. Reprendre la Bastille est d’une grande et dangereuse naïveté. Il  est incompréhensible qu’après toutes ces années de construction européenne, des responsables politiques puissent encore penser l’avenir en se référant à des symboles d’un Etat français qui n’a eu dans l’histoire que quelques années ‘existence sous sa forme géographique actuelle. Igor deperraz  

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