Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par igor deperraz

La Presse quotidienne régionale dans la gueule du loup!

P.Q.R. La mort du « signe »

La P.Q.R., la presse régionale traverse une mauvaise passe. Le redressement judiciaire de Paris- Normandie et d’autres titres, la multiplication des mises en ventes de titres prestigieux ne redonneront plus d'espoir à un secteur en difficulté…

Le lecteur n’est plus au rendez-vous ou du moins ce lecteur consommateur qui rémunérait le secteur via la publicité. Le monde économique local ne croit plus au support papier pour vendre sa vaisselle ou son poulet. Les recettes publicitaires s’effondrent. Les lecteurs se voient contraints de payer à prix d’or ce qu’ils trouvent gratuitement sur le net. La boucle se referme sur la disparition d’une industrie.

La P.Q.R. a vécu un âge d’or qui l’a amené à se soucier plus de ses journalistes et de ses annonceurs que de ses lecteurs. C’est par une rente de situation géographique et l’accord tacite du découpage territorial que chaque titre a pu éviter l’ouverture à la concurrence de ce marché.

Aujourd’hui, le journal se meurt avec le vieillissement de ses lecteurs. La télévision locale comme FR3 ou des chaines d’infos nationales relayent par écrit leurs reportages. Ce mélange des genres assèche la P.Q.r.

La technique numérique a considérablement bousculé la pratique journalistique pour lui redonner le caractère populaire qu’elle avait perdu avec la Nationalisation de la « Carte de presse » au profit des grandes écoles et de ce fait d’une élite érudite et brillante mais éloignée de son lectorat .Le correspondant local peut travailler avec les mêmes outils que le professionnel d’hier . Le Nagra ,la Rolex du preneur de son est disponible pour moins de cent euros,un peu plus…dans sa forme numérique .

Les outils graphiques, les planches à dessin, les appareils photographiques numériques et la vidéo conférence rendent obsolètes la lourdeur hiérarchique des Rédactions.

Cette Nouvelle Rédaction qui implique une nouvelle division du travail et une forme plus participative et collaborative est à inventer. Elle supplantera tôt ou trop tard …la lourdeur et l’immobilisme syndicale du secteur.

Dans cet outil, le journaliste professionnel a sa part du travail comme la société civile …Jean Jaurès fut journaliste à la Dépêche toute sa vie …

Cette révolution qui touche la Presse dans son ensemble est un juste retour de la société civile et donc du lecteur quelconque.

Lorsque le journal a abandonné son format traditionnel, celui qui permettait à James Bond de se cacher derrière dans un hall de gare au profit du format berlinois, il a en partie perdu de son identité.

Le lecteur papier existe toujours, il en veut pour son argent ! il ne veut pas de la soupe internet .il attend du lien textuel participatif et proche de chez lui.Multiplier les pages et la couleur n’apporte que des coûts supplémentaires.

Le journal n’apporte plus de relations exclusives avec l’information. Il reste principalement un objet transitionnel .Il doit se voir comme une distinction, un signe fort d’appartenance locale ou politique .C’est un marqueur social plus qu’un vecteur d’information. Sa forme papier doit être ostentatoire.

Igor Deperraz

Commenter cet article