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Publié par igor deperraz

Adieu Jean-Luc Godard

Jean-Luc n’ira pas à Cannes et on le comprend ; il aurait certainement été honoré de recevoir une palme pour l’une de ses œuvres, mais sept sélections n’ont pas suffi. Dernier film « adieu au langage » est l’aboutissement d’une longue recherche sur la couleur et le plan. Une démarche qu’il a sans cesse revendiquée et qui n’a jamais été comprise.

« Les malentendus viennent souvent de cette vérité qu’on oublie », écrivait-il dans son livre Jean Luc Godard par Jean Luc Godard. Ne voyons pas Godard comme un cinéaste expérimentant toutes les possibilités du 7 arts, mais plutôt comme un théoricien de l’image. A 83 ans, l’homme se veut toujours aussi égocentrique et égocentré.

« Inventer, non enjoliver, découvrir d’ailleurs la découverte, c’est un terme de cinéma » résumer l’œuvre est impossible. Il ya du très bon, du très en mauvais, des plans sublimes et de longues digressions ennuyeuses ».

En mars 1961, Il épouse Anna Karina, il divorcera en décembre 1964, juste avant Alphaville, un film très psychanalytique avec Eddie Constantine. L’emploi du noir et blanc va jusqu’au bout de ses possibilités, c’est la magie Godard qui ne peut s’imaginer sans son rapport aux femmes et aux labyrinthes de l’amour.

Penser Godard, c’est aussi entrer dans l’art pornographique ; dans une acceptation littéraire, le Mépris est certainement le film le plus facile qu’il est tourné avec Bardot, mais c’est dans Prénom Carmen qu’il donne à la pellicule toute sa force dans une représentation très libre du sexe féminin.

Bourdieu dans « l’amour de l’art » donnait quelques clefs « Le style propre a une époque et à un groupe social n’est autre chose qu’une telle classe définie par rapport à la classe des œuvres du même univers qu’elle exclut et qui constitue son complément ».

Godard serait cet homme providentiel recevant une tarte à la crème à Canne pour mieux expier la débauche de l’industrie cinématographique. Pour pousser un peu la réflexion « Pour filmer d’une manière politiquement juste, il faut se lier aux gens dont on pense qu’ils sont politiquement justes. C’est-à-dire ceux qui sont opprimés, qui subissent la répression et qui combattent cette répression. Et se mettre à leur service. Apprendre en même temps que leur apprendre. Abandonner de faire des films. Abandonner la notion d’auteur, telle qu’elle était. C’est là qu’on voit la trahison, le révisionnisme intégral. La notion d’auteur est une notion complètement réactionnaire ».

Igor Deperraz

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