Camus et les deux papes

par igor deperraz  -  26 Avril 2014, 20:24

~~Jean Paul II et Albert Camus … Manuel Valls a choisi de représenter la France à la canonisation des papes Jean XXVIII et Jean Paul II. L’ami de l’ancien Grand Maître du grand orient sait ce que l’Europe doit à Vatican II, tant au niveau des libertés individuelles que du dialogue interreligieux.

Le Général de Gaulle disait de Vatican II « c’est l’évènement le plus important du siècle, car on ne change pas la prière d’un milliard d’hommes, sans toucher à l’équilibre du monde » A sa mort le 3 juin 1963, l’ancien patriarche de Venise Angelo Roncalli aura initié un mouvement révolutionnaire qui aura surpris et bousculé l’oligarchie vaticane. Cette refonte du droit canonique et ce dialogue interreligieux seront mis en pratique par Karol Wojtyla qui parcourra 129 pays pour essayer de convaincre de la bonne volonté de l’église catholique dans sa recherche de liberté.

En 1948 Albert Camus posait la question en ses termes « avant de vous dire ce qu’il me semble que les incroyants attendent des chrétiens - je voudrais tout de suite reconnaître cette générosité d’esprit par l’affirmation de quelques principes (…) le monde d’aujourd’hui réclame des chrétiens qu’ils restent des chrétiens (…) Je n’essaierai donc pas pour ma part de me faire chrétien devant vous. Je ne partage pas votre espoir et je continue à lutter contre cet univers où des enfants souffrent et meurent » Vatican 2 a permis la fin du communisme totalitaire.

Les deux bienheureux, béatifiés comme 82 papes avant eux, sont portés au Panthéon pour leur œuvre politique. On ne peut oublier la part d’ombre de Jean Paul lI, comme l’exfiltration forcée de Gaillot et la Chappe de plomb sur les affaires de pédophilies. Vatican II n’aura pas redonné aux femmes, la place qu’elles avaient dans les maisons de prière des premiers temps du christianisme. Les sujets relatifs à la sexualité n’auront pas non plus suivi. Mais n’oublions pas que la doctrine ecclésiale ne se nourrit pas de temporalité, mais d’éternité.

Manuel Valls, comme 24 chefs de l’État a eu raison d’honorer deux hommes courageux qui ont su vaincre le poids de l’histoire pour infléchir les pratiques liberticides et certains régimes autoritaires. Vatican II aura permis de concevoir une Europe sans mur et sans tabou…

Camus concluait son exposé au couvent des dominicains par « ce que je sais, et qui fait parfois ma nostalgie, c’est que, si les chrétiens s’y décidaient, des millions de voix, des millions vous entendez, s’ajouteraient dans le monde au cri d’une poignée de solitaires, qui sans foi ni loi, plaident aujourd’hui un peu partout et sans relâche, pour les enfants et pour les hommes ». Igor Deperraz

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :